Le moment de l'insuline et la hausse tardive après un repas riche
Pourquoi une dose donnée un peu avant de manger aide, pourquoi la pizza n'agit pas comme le pain, et ce que font les équipes pour la hausse tardive.
Le moment où l'insuline est donnée compte autant que la quantité. Cette page explique pourquoi une dose donnée un peu avant le repas fonctionne généralement mieux, pourquoi un repas riche en gras comme la pizza peut faire monter la glycémie des heures après avoir mangé, et ce que votre équipe de soins en diabète pourrait vous proposer pour cette hausse tardive, pour que les mots vous soient familiers quand vous les entendrez.
Donner la dose avant le repas
L'insuline injectée sous la peau prend du temps à commencer à agir. La nourriture, elle, n'attend pas. Donner la dose un peu avant le repas permet aux deux d'arriver en même temps.
C'est le type d'insuline que vous utilisez qui détermine le moment, alors il n'existe pas de chiffre universel :
- Insuline à action rapide. Selon Diabète Canada, à moins de 15 minutes du repas. Les études où la dose est donnée 15 à 20 minutes à l'avance montrent un pic moins élevé après le repas, surtout au déjeuner.
- Insuline à action ultrarapide. Conçue pour être donnée au moment du repas, de zéro à deux minutes avant, et peut être donnée jusqu'à 20 minutes après au besoin.
Beaucoup de parents croient que donner la dose avant le repas va causer plus d'hypoglycémies. Dans les études, ce n'était pas le cas. L'exception : quand on ne sait vraiment pas si la nourriture va arriver ou être mangée.
Pourquoi la pizza n'agit pas comme le pain
C'est sans doute l'idée la plus utile pour une personne nouvellement diagnostiquée, parce qu'elle explique quelque chose qu'elle a probablement déjà vécu, et dont elle s'est souvent blâmée.
- 40 % plus d'insuline a été nécessaire pour un souper riche en gras que pour un souper faible en gras contenant exactement la même quantité de glucides, dans une étude marquante
Et même avec cette insuline de plus, la glycémie est restée plus élevée.
Pizza, poutine, pâtes à la crème, cari et pain naan, fish and chips, burger bien garni de fromage : le gras et les protéines ralentissent le repas, alors la hausse du début est plus petite que prévu… puis elle arrive en retard. Environ trois à six heures après le repas, parfois plus. Ce qui veut souvent dire pendant la nuit.
Le scénario classique : un chiffre parfait deux heures après le souper, et une glycémie élevée à trois heures du matin. Personne n'a rien fait de travers. Le repas n'avait tout simplement pas fini d'agir.
Ce qu'on fait pour la hausse tardive
Voici des approches dont votre équipe pourrait discuter avec vous. Elles sont décrites ici pour que les termes vous soient familiers, et non pour que vous les essayiez de votre côté.
Avec une pompe. Un bolus prolongé ou un bolus double divise la dose. Un point de départ courant : 60 % tout de suite, et 40 % étalé sur environ deux heures et demie.
Avec des injections. La dose habituelle au repas, puis une deuxième dose plus petite quelques heures plus tard. Les données sont plus minces ici, alors ça s'ajuste au cas par cas.
Un point de départ. L'ISPAD suggère environ 20 % d'insuline de plus pour un repas riche en gras et en protéines, puis d'ajuster selon ce qui se passe réellement.
La bonne chose à faire, c'est d'apporter la tendance à votre équipe, pas la solution. Lui montrer trois nuits de données après des repas semblables lui donne de quoi travailler; faire des essais seul, non.